Affaire Chebeya-Bazana en RDC : les accusés se livrent et se contredisent à la barre

2021-10-21 07:45:45

Un homme avec un t-shirt avec les portraits de Floribert Chebeya et Fidèle Bazana, militants des droits de l'Homme tués en juin 2010.

© AFP PHOTO / JUNIOR D. KANNAH : Un homme avec un t-shirt avec les portraits de Floribert Chebeya et Fidèle Bazana, militants des droits de l'Homme tués en juin 2010.


Les audiences se sont poursuivies, mercredi 20 octobre à Kinshasa, lors du procès des assassins présumés des militants Floribert Chebeya et Fidèle Bazana, tués en juin 2010. La comparution des membres du commando d’exécution a amené un nouvel éclairage. Le colonel Daniel Mukalay a parlé, profitant de sa confrontation avec le commissaire Jacques Mugabo et le sous-commissaire Doudou Ngoy Ilunga. Confrontés, les trois policiers se sont contredits sur toute la ligne concernant le rôle de chacun.



Pour la première fois, Doudou Ilunga a avoué avoir mis les menottes aux deux victimes, Floribert Chebeya et Fidèle Bazana. Jacques Mugabo a confirmé avoir pris part à leur mise à mort par étouffement. Daniel Mukalay a, lui, accusé l’ancien inspecteur général de la police John Numbi d’avoir commandité ce crime et d’avoir fait pression sur lui pour qu’il serve de bouc-émissaire.



Pour le collectif des avocats des parties civiles, la thèse du crime d’État se précise. Me Peter Ngomo, du collectif des avocats des familles des victimes, déclare : « Tous ceux dont on parle, ce ne sont pas des petites mais de grandes personnalités du pays qui ont plongé, d'une manière ou d'une autre, dans l'assassinat de ces deux défenseurs des droits de l'Homme. »



Christopher Ngoyi Mutamba, coordonnateur de la Société Civile du Congo est, lui, convaincu qu’il s’est agi d’une action coordonnée : « Dans sa déposition, Daniel Mukalay démontre clairement qu'il y avait une intelligence, avec en tête M. John Numbi. »



De son côté, Me Marie-Louise Okako, également avocate des parties civiles, pense que tous les éléments doivent être pris en compte : « Nous espérons que l'on ne se fiera pas à ce qui avait été jugé au second degré avant la comparution des exécutants. Parce que tout la donne change. »



Le général des FARDC Zelwa Katanga, alias « Djadjidja », exige, lui, des preuves que Fidèle Bazana, le compagnon d’infortune de Floribert Chebeya, a été enseveli dans sa concession.


RFI : Kamanda wa Kamanda Muzembe